Frédéric Jouanlong-Bernadou
Chanteur ? Conteur ? Poête ? Fada ? ( Noise Magazine / Janvier 2010 )
Les textes sont bluffants mais leur interprétation est bestiale,
empruntant à Mike Patton, aux Lettristes d’Isou, à Bobby Lapointe
autant qu’aux vociférations d’une animal en colère. ( Nextclues )
Puis, c’est une voix, véritable théâtre de tessitures, qui crie, hurle,
incante, vocifère, murmure, chuchote ; un chant quasi onomatopéique,
qui équarrie les mots, les racle jusqu’à l’os, jusqu’à leur squelette syllabique,
un chant qui chercherait un autre langage, une sorte de parole primale,
un chant Dada qu’on n’eût pas été surpris d’entendre jadis, à Zurich,
au Cabaret Voltaire, auprès d’Hugo Ball. ( Arnaud Bordes )
Bref, faut s'attendre à tout avec Fréderic Jouanlong.
Un gars qui a déjà collaboré avec Phil Minton (entre autres) et ça s'entend.
Il fait subir à ses cordes vocales toutes sortes de tonalités, du guttural à l'aigue, du beuglement au subtil, du parlé, du chant clair à un timbre comme saturé, jusqu'au grognement de cochon.
Sérieusement, cette voix est une force de plus, un instrument, l'idée d'un sampler humain comme il dit lui-même, avec un choix de mots imagés, précis. C'est coloré, dramatique, humoristique, une
signification abstraite mais qui fait mouche. ( Perte et fracas )
Un croisement hybride entre les tours d’équilibriste d’un Phil Minton et la hargne lyrique d’un Franz Treichler première période, l’album L’Eau Rouge,
lorsqu’il n’avait pas peur de se déboîter les cordes vocales sur les traces
de Jaz Coleman. Le registre du chant est souvent rauque, toujours grondeur, frondeur par essence. ( Blogspot 666 )
Ma voix est un outil de recherche. J’aime bien l’image de l’archéologue qui découvre petit à petit un passé. Ça pourrait être un truc comme ça.
Je sens que la musique est chargée et je vais essayer de voir comment
la décharger d’une de ses histoires.
Ma voix est mon moyen d’exprimer mes émotions.
Je ne sais pas véritablement quelles émotions mais je sens qu’elles y passent. Je me fous en grande partie du sens des mots. Je raconte des histoires,
ça fait du son et ça me va. J’aime la sensation de faire aller ma voix vers une certaine bestialité, un certain abandon.
Depuis mon enfance, je nourris un certain intérêt pour les onomatopées, va savoir pourquoi et au fil du temps,
j’ai essayé de me fabriquer une palette dans laquelle je pioche en fonction de ce que je sens sur le moment. ( Noise Magazine / Janvier 2010 )
Au festin des humeurs vives, Frédéric Jouanlong n'est pas le plus modéré des convives. Il tire la langue du Dada Hugo Ball pour en extraire la substantifique moëlle, levant le couvercle sur l'un des premiers poèmes entièrement phonétiques de l'histoire (1917). Il l'éructe, le glousse puis le recrache avec la puissance hypnotique d'un discours qu'on imagine révolutionnaire ou fasciste. ( Karawane / Jazznomades 2012 )
©Isabelle Arthuis
